Conseils européens et sommets de la zone euro (Bruxelles, le 2 juillet 2019)

"C’est bien un acte II qui commence pour notre Europe, avec une nouvelle équipe profondément renouvelée, de nouveaux visages, un nouveau souffle au service d’un nouvel agenda que nous avons défini ces dernières semaines."

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Source photo : site internet de l’Élysée

"Bonsoir à toutes et tous.
Ce conseil extraordinaire s’est donc terminé avec des annonces et des décisions importantes. Il a permis d’arriver à une conclusion positive et consensuelle sur l’intégralité des nominations relevant, en tout ou partie, de la compétence du Conseil européen. Et c’est, je crois, à cet égard, extrêmement positif pour l’Europe et pour les dirigeants qui sont investis à cette mission depuis dimanche midi. En effet, la proposition faite par le Conseil européen d’Ursula von der Leyen à la tête de la Commission, de Charles Michel comme président du Conseil européen et aussi du Conseil en format zone euro, de Josep Borrell comme haut représentant [aux affaires extérieures] et de Christine Lagarde à la tête de la Banque centrale européenne, constitue une nouvelle équipe européenne, avec deux femmes et deux hommes, quatre personnalités qui se sont toujours illustrées par leur engagement extrêmement fort en faveur de l’Europe, des idées européennes et des mis sions qui leur sont aujourd’hui confiées ou qui leur seront confiées une fois que, pour les unes et les autres, les confirmations seront données.

Les critères de compétence, d’expérience, de parité et d’équilibre politique et géographique ont ainsi été remplis par le Conseil. Je me félicite ainsi de la constitution d’une équipe nouvelle intégralement francophone. Pour la première fois, en effet, la Commission européenne et la Banque centrale européenne sont dirigées par des femmes. Ce profond renouvellement reflète d’une part les nouveaux équilibres politiques qui ont émergé suite aux élections européennes, et sera à même d’appliquer l’agenda stratégique que nous avons défini, puisque toutes ces personnalités épousent cet agenda et ses grandes lignes. Les dernières heures ont été déterminantes pour construire cet accord positif, et ce sursaut des dernières heures a permis ainsi au Conseil d’exercer ses prérogatives comme il le devait et à temps, c’est-à-dire avant que le Parlement ne se réunisse pour les compétences qui étaient les siennes.
À cet égard, je me félicite que le critère que j’avais posé deux jours après les élections européennes, que nous puissions être efficaces et décider le plus rapidement possible, puisse in fine, malgré des attentes et des difficultés de dimanche et lundi, être rempli. En effet, jamais le Conseil européen n’avait désigné aussi rapidement l’équipe intégrale. Je rappelle qu’il y a 5 ans, nous avions mis plus de 3 mois à désigner en particulier le président du Conseil et le haut représentant, en l’espèce la haute représentante.
Cet accord est aussi le fruit d’une entente franco-allemande profonde - nous n’avons cessé, avec la chancelière Merkel, de nous coordonner, d’œuvrer ensemble - et d’une capacité aussi à travailler avec l’ensemble des partenaires européens de toutes les familles politiques. J’ai multiplié, depuis le lendemain des élections, les rendez-vous avec l’ensemble de ces familles, des groupes, en cherchant précisément à n’exclure personne et à aider à bâtir ce consensus. Cette décision est aussi celle qui permet de ne pas diviser l’Europe ni politiquement, ni géographiquement. Le Parlement européen aura désormais des votes importants à effectuer, et les prochains jours et les prochaines semaines seront déterminants pour la poursuite du mécanisme. La Commission se constituera aussi dans les prochaines semaines et les prochains mois, et des équipes de qualité seront là aussi à constituer. D’ores et déjà, nous savons que Frans Timmermans et Margrethe Vestager auront les plus hautes responsabilités au sein de cette nouvelle Commission.

Nous devons aussi tirer les conséquences des derniers mois. Ainsi, le nouveau président aura-t-il à prendre une initiative inter-institutionnelle pour réformer en profondeur les méthodes de travail, clarifier les règles de désignation pour éviter les malentendus ou les débats théoriques que nous avons pu avoir. Et nous l’avons discuté dès aujourd’hui pour que, dans 5 ans, les choses soient beaucoup plus claires, rapides et en tout cas prédéterminées. Je souhaite aussi que la présidence finlandaise puisse engager, dès à présent, des travaux en ce sens avec le Parlement européen.
Je veux saluer le Parlement européen et l’ensemble des parlementaires. Celui-ci se met en place cette semaine. Les premières réunions se tiennent, et le travail aura à se déployer. Je pense que ce nouveau Parlement illustre aussi cette recomposition politique et a devant lui une tâche extrêmement importante. En l’espèce, tout ce travail permettra de mettre en place cette conférence européenne que j’ avais appelée de mes vœux, qui permettra un renouvellement démocratique, une plus grande efficacité de nos travaux, et je veux saluer à cet égard l’engagement de Guy Verhofstadt en la matière, qui aura un rôle tout particulier sur ce sujet.

C’est donc bien un acte II qui commence pour notre Europe, avec une nouvelle équipe profondément renouvelée, de nouveaux visages, un nouveau souffle au service d’un nouvel agenda que nous avons défini ces dernières semaines. Je veux enfin, ici même, alors que je salue cette nouvelle équipe et ce souffle, rendre hommage à deux dirigeantes européennes qui tenaient aujourd’hui leur dernier Conseil. Je pense à Theresa May et Dalia Grybauskaité, qui ont été avec nous depuis dimanche midi et qui, l’une et l’autre, quittent ce Conseil après ces bonnes décisions. Je vous remercie."

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Dernière modification : 09/07/2019

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