Coronavirus : quatre classiques de la littérature francophone. [ru]

Le SCAC de l’ambassade de France vous invite à redécouvrir quatre classiques de la littérature francophone en cette période de coronavirus.

CATEGORIE HUMOUR NOIR Entrez dans la danse (2018) – Jean Teulé

En 1518, dans Strasbourg en pleine crise, éclate une épidémie d’un genre nouveau. Les gens se mettent à danser sans fin, jour et nuit. Dans la continuité de ses romans historiques (Charlie 9, Mangez le si vous voulez, usant d’un style unique et d’un sarcasme de chaque instant, Teulé emmène son lecteur dans un monde de « rave party » mêlant faits religieux, politiques et historiques. C’est croustillant !

CATEGORIE AVENTURE ET LYRISME La Quarantaine (1995) – J.M.G. Le Clézio, prix Nobel de littérature

En 1891, deux frères sont débarqués sur une île de l’océan Indien avec d’autres passagers atteints par la variole. Le récit, inspiré de l’histoire du grand père de Jean-Marie Le Clézio, breton émigré à l’île Maurice, nous plonge dans le quotidien d’une quarantaine. Deux frères confrontés au même phénomène vont emprunter deux voies différentes, on peut aussi s’aimer et célébrer la beauté de Dame nature. En témoigne le jeune Léon : Contrairement à ses compagnons d’infortune, il ne ressent aucun sentiment d’enfermement, au contraire, une immense et bouleversante liberté. « Je suis ici chez moi, à l’endroit dont j’ai toujours rêvé, l’endroit où je devais venir depuis toujours. Je ne comprends pas comment c’est possible, mais je reconnais chaque parcelle, chaque détail, les vagues, les courants qui changent la couleur de la mer, les écueils. Je ne me sens plus prisonnier. (...) Je suis à l’extrémité de la terre, là où commence le monde des oiseaux. » Quand le bateau sanitaire viendra finalement le chercher, ce sera un déchirement, mais aussi la certitude d’avoir trouvé la vraie vie. Léon deviendra « Léon le Disparu », « celui qui s’est rebellé contre l’Ordre moral » et qui est parti avec sa belle Indienne pour ne plus jamais revenir.

CATEGORIE AMOUR ET AVENTURE Le hussard sur le toit (1951) – Jean Giono

Vers 1832, le colonel Angelo Pardi, jeune aristocrate piémontais, et patriote « carbonaro », trouve refuge en France, dans une Provence en proie au choléra. Pour Giono, qui met en scène les pérégrinations platoniques d’Angelo et de Pauline de Theus, à travers barrages de soldats et villages contaminés, il s’agit de régler ses comptes avec l’horrible expérience de la fin de la Seconde guerre mondiale (les épurations). En effet, le choléra est la face de l’égoïsme, la haine, la peur, la passivité... Tous les personnages qui ont ces tempéraments attrapent le choléra. Angelo méprise la contagion, donc il ne l’attrape pas. C’est, par exemple, la peur du choléra qui tue, pas le choléra lui-même. Ainsi, « mettre » le choléra sur une personne permet de voir qui elle est réellement en la mettant « à nu », de manière à révéler la face cachée de sa personnalité.

CATEGORIE ROMAN EXISTENTIEL La Peste (1947)Albert Camus, prix Nobel de littérature

Classique de la littérature française, cette chronique de la résistance française contre le nazisme appartient au cycle de la révolte rassemblant trois œuvres de Camus, La Peste, L’Homme révolté et Les Justes qui ont permis en partie à son auteur de remporter le prix Nobel de littérature en 1957.
Dans les années 40, la peste bubonique frappe Oran, en Algérie. Coupée du monde, la ville se bat contre le mal, et l’humanité se révèle à elle-même. Comment triompher du mal ? Camus ne donne pas de réponse, car il n’y a pas de solution universelle à l’absurde, mais seulement une réponse individuelle qui rend possible l’action collective : la liberté de chacun permet la collaboration de tous à l’amélioration de la condition humaine. La réponse à l’absurde se situe donc dans l’action : l’homme doit se battre contre la souffrance humaine, il doit agir.

Dernière modification : 10/09/2020

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