Rappel historique des événements de la Bérézina de l’automne 1812

Le passage de la Bérézina par la Grande Armée du 23 au 29 novembre 1812 est un évènement qui marque l’histoire de France et d’Europe. La bataille qui s’y déroula permit à l’armée des vingt nations dirigée par Napoléon de repousser trois armées du tzar Alexandre 1er et de s’extraire du piège russe. Indiscutable succès militaire, le passage de la Bérézina passera cependant inexactement à la postérité comme synonyme de tragédie ou de débâcle.
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1812 Charge de cuirassier. Doumerc, Bolchoi stakov. Musée de l’Armée

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Jan Hoynk van Papend­recht - Legermuseum.

Le 23 novembre 1812, l’avant-garde Napoléonienne menée par le Maréchal Oudinot bouscule l’armée russe de l’Amiral Tchitchakof et la rejette sur la rive droite de la Bérézina. Cependant, les Russes peuvent détruire le pont de Borisov, unique pont de la région, et stoppent la marche de Napoléon vers Minsk. Suivi par l’armée de Koutouzov, exposé sur son flanc par l’armée de Wittgenstein et bloqué par les marais de la Bérézina, Napoléon se trouve alors sous la menace d’un encerclement par trois armées russes dont l’issue ne peut qu’être l’anéantissement de la Grande Armée et la capture de son chef. Une description physique de Napoléon est même communiquée dans l’armée russe pour mettre en échec toute tentative de fuite.
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Construction des pon­ts.

Napoléon simule alors une tentative de traversée à une douzaine de kilomètres en aval de Borisov. La feinte fonctionne et Tchitchakov y envoie le gros de ses troupes. A 15 km en amont de Borisov, avec des moyens réduits et en un temps record, les soldats du génie construisent deux ponts de chevalets au gué de Stoudienka les 25 et 26 novembre. Les troupes franchissent le fleuve les 26 et 27 novembre pratiquement sans avoir à combattre. Après avoir compris leur erreur, les Russes se concentrent sur le site du passage et livrent bataille le 28 novembre à l’aube des deux cotés de la Bérézina. Les troupes Napoléoniennes se battent victorieusement de part et d’autre : rive droite, Tchitchakov est bousculé et doit battre en retraite à plusieurs kilomètres du site du passage ; rive gauche, Wittgenstein ne peut entamer la défense héroïque du maréchal Victor et échoue dans sa tentative de bousculer l’arrière garde Napoléonienne dans la Bérézina.

Au total 50 000 hommes franchissent avec succès la rivière sur ces ponts de fortune : tous les corps d’armées, l’artillerie et une grande partie des bagages passent sur la rive droite. La manœuvre d’Alexandre 1er visant à l’anéantissement de la grande armée n’a pas fonctionnée. Le 29, à 8h30 du matin, sur l’ordre de Napoléon les ponts seront détruits pour bloquer la poursuite des Russes.
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Passage de la Berezina par l’armée française Franz von Habermann - Institut de France, bibliothèque Thiers, Paris

Les combats de Borisov, les batailles sur les deux rives et le bombardement de la foule à proximité des ponts sont très meurtriers. Des estimations portent à près de 40 000 le nombre de victimes civiles et militaires parmi les belligérants des deux cotés et au sein des populations civiles locales.

©Jérôme Beaucour, mai 2012

Centre d’Etudes Napoléoniennes

Dernière modification : 27/01/2016

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